D’abord bijoutier-joaillier dans la PME de son père, puis gradué éducateur spécialisé et formé à la gestion des institutions culturelles, Boris travaille d’abord comme animateur de rue à la Cité du Coq de Jemappes. A partir de 97, au Centre Culturel de la Région de Mons, il gère le secteur éducation permanente jusqu’en 2000 qui voit la création de la Maison des Ateliers, un centre d’expression et de créativité qu’il va dorénavant coordonner.
Sa passion, la musique. Il découvre la guitare à 16 ans et se spécialise en guitare hawaiienne et Dobro. Depuis peu c’est l’harmonica diatonique qui le passionne. Avec deux collègues, Benoît Casen (contrebasse, banjo) et Gianni Sabia (chant, guitare), il participe à la création du spectacle C’est gentil. Il ne fallait pas ! .
A l’origine, une rencontre, celle de Sarah Goldfarb, lors d’une formation organisée par la Communauté Française d’intervenants en atelier musical, une formation d’une année. Les intervenants formateurs choisis par Sarah, en grande partie anglo-saxons, avaient une approche de l’apprentissage de la musique tout à fait singulière par rapport à ce qui se fait dans nos Académies. Plutôt que de reproduire des pièces de musique, grâce à leurs techniques, très vite, les participants peuvent composer leurs morceaux. On leur fait comprendre qu’à partir de quelques notes, ils peuvent créer. Il ne faut pas nécessairement avoir un grand bagage technique ou une maîtrise complète du langage pour pouvoir composer. A partir de 3 ou 4 notes jouées, on peut inventer des boucles, on peut travailler par couche, les boucles se superposent et finalement nous avons des morceaux de musique. L’animateur est plutôt une sorte de conducteur de chantier. Il orchestre les différentes propositions mais n’intervient pas ou peu sur la composition. Pas de maîtrise de la technique au préalable, juste l’envie de jouer. Pour nous, c’était révolutionnaire comme méthode et passionnant.
Sarah Goldfarb dirige la partie musicale du spectacle. La première séance de travail a eu lieu. Nous sommes 6 musiciens, en plus des musiciens cités précédemment il y aussi Michel Massinon (cornemuse wallonne, psalterion), Dorian Scauflaire (guitare) et Babak Doia (santur). On part de la thématique développée dans le projet, une famille belge et une famille italienne. Sarah nous a d’abord fait écouter des musiques de films des années 70, des tarentelles italiennes traditionnelles… Par exemple : à partir du mot « mystère » choisi par Sarah, Benoît invente une ligne de basse et chacun crée et ajoute une boucle, sa couche de 4, 5 notes. Ca nécessite une grande écoute. A la fin, ça devient un morceau qui est très stable. Ces résultats sont enregistrés et Sarah va travailler sur ce qu’on appelle un backbones, une charpente. Elle reviendra la semaine prochaine avec cette structure. On va l’apprendre et ensuite nous repartirons dans la compo. Nous allons ainsi créer ensemble 3 morceaux de 7 minutes. Ce qui est génial, c’est que tu ne sais pas vers quoi tu vas. Ce qui compte, c’est de prendre le risque. C’est un vrai processus créatif.
Prochaine étape, assister à une lecture de la pièce écrite par Virginie Thirion. C’est important, il va nous venir des images, on saura où intervenir.
Ce passionné ajoutera pour conclure : Ces espaces de mixité, où professionnels et amateurs peuvent se rencontrer, s’apporter l’un l’autre, sont fondamentaux. C’est en quelque sorte réduire le fossé que le professionnel crée avec le public. Et bien souvent le manque de technique des amateurs est compensé par leur créativité, leur force et leur conviction.
