Mohanad et Julien partagent la scène, face à un public.
Tous deux ont 27 ans. Ils sont artistes. Le premier est photographe et réalisateur. Le second danseur-chorégraphe. Mohanad est Palestinien et vit à Ramallah. Julien est belge, installé à Bruxelles.
La pièce s’ouvre sur leur « autoportrait » respectif. Par l’image, la danse et la parole apparaissent deux identités qui s’enchevêtrent, qui jouent du pouvoir de « fictionnalité » de la scène.
Ce qui nous intéresse ici est de faire jouer à plein régime l’écart insaisissable entre le réel et sa représentation. Autour du duo, d’autres personnes apparaissent sur scène. Se forment alors un quatuor de deux danseurs (Européens) et deux photographes (Palestiniens).
L’« événement » créé par la danse est directement documenté par les photographes. Ceux-ci offrent, avec leurs images, une histoire aux danseurs, une histoire de leur propre danse aussitôt réinterprétée.
Mais une histoire subjective transformée par le regard et les choix des photographes. C’est du réel et de sa représentation dont il est question ici, de la multiplicité des opérations impliquées dans un témoignage, de la création d’une mémoire, de son partage et de la possibilité d’en être dépossédé.
Chantier Festival TEMPS D’IMAGES 2007 / Les Halles. Dans le cadre de la Saison palestinienne. Avec l’aide du CGRI, du manège.mons/ Maison Folie, de De Pianofabriek et de Romaeuropa Festival.
