Elle est retrouvée. Quoi ? L’éternité. C’est la mer allée avec le soleil ». (Arthur Rimbaud)
Le soleil et les profondeurs de la mère sont les pôles de la poésie verticale de Claire Lejeune. Entre les deux, le labyrinthe de l’imaginaire amoureux dont Ariane tire le fil de son écriture. C’est cet imaginaire fécond que le Théâtre-Poème se propose d’explorer à travers des poèmes de Claire Lejeune qui évoquent différents moments de sa vie, temps forts d’une écrivaine qui cherche dans l’écriture un moyen de se libérer : deuils, amours, séparations ne sont pas à proprement parler « racontés », mais sont le terreau d’une écriture riche et dense. La Mère allée avec le soleil n’est donc pas un spectacle biographique, au sens où la chronologie, l’exactitude même des faits n’est pas primordiale. L’œuvre poétique de Claire Lejeune , qui va des poèmes vers le théâtre en passant par les essais où se poursuit inlassablement l’exploration des hauteurs et des profondeurs de la conscience d’une femme, est au centre de ce spectacle. La Mère allée avec le soleil, ce sont d’abord de très beaux moments de poésie, où la langue de Claire Lejeune s’écoute avec bonheur. Au spectateur de se laisser emporter par cette poésie dite, chantée, jouée à la clarinette ou psalmodiée par trois comédiennes.