Lorsque quelqu’un nous parle dans une langue qui nous est totalement étrangère, la tentation est grande d’imaginer le sens du discours, de plaquer sur ces sons nos propres attentes, nos frustrations, nos désirs et de se laisser aller pendant quelques secondes à rêver à ce que nous aimerions entendre.
Je suis venue se présente comme un pastiche d’une conférence internationale, à la fois féroce et amer, tout en se teintant d’humour. C’est la tentative faite par une femme de nous dire quelque chose d’essentiel, dans des langues qui nous demeurent largement inconnues : l’arabe, la danse. Avec, à ses côtés, un homme qui tente de traduire, d’imiter, de suivre. Mais les mots ne suffisent pas. Il faut des symboles. Un hymne. Un drapeau. Une posture. Mais les symboles ne suffisent pas. Il faut jeter son corps dans la bataille.
Peut-on traduire un corps ?
Peut-on danser un plan de paix ?