L’expression « tomber dans l’autre » évoque la dépossession au contact d’autrui, le ravissement, et la perte de soi. C’est l’un des risques, avec celui, encore plus grand, d’être « laissé tomber », de s’être donné et de ne plus se retrouver. Quand est-ce que l’obstination, nécessaire à l’amour qui dure, conduit à l’altération de soi ? Accepter de pouvoir perdre, est-ce gagner sa liberté ?
Gwen Berrou questionne l’écoute de soi, l’illusion et l’attachement. Le sens est-il évident, caché, allusif, ou transformé ? Entre sérieux et trivial, voici une forme dans laquelle les ruptures, les collisions de sens poussent le spectateur à interroger ce qu’il reçoit.
On pourrait dire, l’ennemi principal de mon amour, celui que je dois vaincre, ce n’est pas l’autre, c’est moi, le « moi » qui veut l’identité contre la différence, qui veut imposer son monde contre le monde filtré et reconstruit dans le prisme de la différence. En amour, les drames ne définissent pas vraiment d’ennemis, mais font parfois entrer la pulsion d’identité en conflit avec la différence. Le drame amoureux est l’expérience la plus nette du conflit entre l’identité et la différence. Alain Badiou, Éloge de l’amour
GWEN BERROU, cofondatrice de la Cie Petite âme, a suivi une formation classique (Conservatoire Royal de Bruxelles, Conservatoire de Nantes), mais a eu ensuite un parcours atypique. Au théâtre elle joue entre autres dans L’Œuf Blanc de Françoise Berlanger, Yvonne, princesse de Bourgogne de W. Gombrowicz et La trilogie de Belgrade de B. Srbljanovic. Parallèlement, elle suit des formations de Capoeira, Kathakali, Kiryuho, Yoga, danse contemporaine, Reiki et s’exprime autant par le mouvement que par la voix. Au cinéma, vous pouvez la retrouver dans Les géants de Bouli Lanners.