Pour sa deuxième collaboration avec la Maison Folie, l’atelier d’Image dans le Milieu idm© de l’ESAPV, est confronté à des défis très différents de son expérience de janvier [non mais oui…]. Comment des jeunes étudiants montois peuvent-ils aborder « le » politique ? Et cela, avec l’un des problèmes les plus difficiles à appréhender : la situation en Palestine, abordée au travers des emails que Zan Studio nous a envoyés au printemps. On pourrait appeler ça : « Vu de l’extérieur » , tant les réalités diffèrent d’ICI à LÀ-BAS…
Bien sûr, idm© a plusieurs fois abordé l’idée du politique : en imaginant tout un parcours dans Mons lors de la Triennale de l’Affiche Politique en 2001, ou en intervenant lors de la manifestation intitulée « A®ctivisme » à Bruxelles en 2006, etc. Mais cette fois-ci, les travaux des étudiants et artistes idm© sont placés directement à côté de ceux des artistes palestiniens. Les enjeux ne sont pas évidents à résoudre.
Et, étonnamment, cela fonctionne ; les deux approches pourtant différentes créent un parcours dynamique, une tension passionnante : le labyrinthe de Flaviano Mucedda frustre le visiteur et recule le moment d’aborder l’expo, les portes murées de Maxime Toussaint renvoient aux humiliations sans cesse vécues à Ramallah et ailleurs, la « cellule » blanche et lumineuse d’Aline Fagnart projette les mots de Zan Studio sur des murs gardés dans la pénombre, et l’on voit le mot « mer » danser dans l’espace, non loin de la vidéo d’Amer. En haut, le couloir grillagé de Damien Petitot empêche l’accès aux photos menaçantes de Mona Marchetti, et l’on doit faire demi-tour, redescendre et remonter les escaliers pour arriver aux vidéos palestiniennes. Les formules d’Émilie Lasseaux s’embrouillent avec humour et nous montrent l’absurdité des conventions religieuses, tandis que côté rue, les silhouettes d’Anne Leroy nous montrent deux adolescents s’accusant mutuellement : « C’est pas moi, c’est toi qui as commencé ! » : éternelle « justification » des conflits entre Israéliens et Palestiniens, entre Fatah et Hamas, ou entre Wallons et Flamands ! N’oublions pas les propositions tout aussi intéressantes de Tatiana Ampe, Julien Brunet, le collectif Recycling, Julie Kowalczyk, Virginie Huyghebaert, Stéphanie Kerckaert et Cédric Sabato.
Jean-François Octave
