L’aventure "Pocha Nostra" vue par André Delvigne, photographe


  • Workshop Pocha Nostra

    Crédits: 

    André Delvigne

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Les membres de La Pocha Nostra, performeurs mexicains, nous ont offert avec Corpo Ilicito un spectacle haut en couleurs, à l’issue d’un workshop destiné à de jeunes artistes de la Communauté française et à des étudiants de l’ESAPV de Mons. André Delvigne, photographe, les a suivis :

Siete de mayo dos mil nueve, Corpo Ilicito : une commande, des milliers de photos, une rencontre rare, un spectacle halluciné comme une montée en acide pop.

Ce soir là, tel le héros d’Hermann Hesse, j’ai mis le pied dans la Maison Folie. J’ai franchi la porte du théâtre magique des possibles où rien n’est réel. Séduit par la mariée androgyne aux yeux chaussés de vair, j’ai laissé piéger mon innocence factice de voyeur professionnel.

Derrière le rideau noir, j’ai heurté un iceberg rayonnant de force brutale dopée aux piments mexicains. Là, un puissant fix d’icônes vivantes, hurlantes, secouait mon inconscient et défonçait ma réalité domestique. J’avais accès à travers le derme du drame, à la source créatrice, à la fois fantasmatique et spirituelle de peintres tels que Bacon, Balthus, Bosch, Dali, Kahlo, Rops…

Devant mes yeux un gang d’artistes déjantés, de comédiens intrépides, une meute de serial ego killers m’offrait un sacrifice narcissique, une tragicomédie sacrée sur le fil de l’art et de la folie.

Dans la moiteur électrique des préjugés surchauffés s’écrivait en live un trip poétique au parfum de roses fouettées et de chair de porc grillée.

Ivre d’images et de sensations, ma raison chancelait et s’abandonnait aux pieds d’un tribun en cagoule noire.

Depuis, des Anges exterminés, cramés, défigurés, sublimés enchantent mes plus beaux cauchemars.

Comme un plongeur d’Acapulco, maladroit, avec un maillot mal attaché, j’avais plongé dans un bouillonnement d’amok-art, une diablerie délirante qui m’ensorcèle encore.

« La Beauté sera convulsive ou ne sera pas » écrivait Breton. Il aurait adoré.

André Delvigne, photographe

Avec Guillermo Gómez-Peña, Violeta Luna (Mexico / San Francisco) et Dani D’Emilia (Brésil / Bristol)

Workshop mené à la Maison Folie, en collaboration avec les Halles de Schaerbeek et le CAS (Centre des Arts Scéniques) / Avec 18 artistes et étudiants, notamment de l’ESAPV et du Conservatoire de Mons

Avec le soutien du programme « Culture » de l’Union Européenne

Avec « Un Pas de Trop », nous vous invitions en mai dernier à partir à la découverte de nouvelles formes artistiques, au croisement des arts de la scène, des arts plastiques et visuels. Des artistes sont venus de la région ou de plus loin, d’Europe ou d’Amérique, pour vous proposer un moment hors du commun, déroutant, surprenant !

« Un pas de Trop », c’était également un moment de rassemblement autour de ceux qui ont participé aux activités de la Maison Folie tout au long de la saison : ateliers, slam, etc.

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